Tribune de l’Ambassadeur : "La France, un acteur majeur de la solidarité vaccinale" [pt]

Jornal de Angola, 22 janvier 2022

La France, un acteur majeur de la solidarité vaccinale

La France a été dès le début l’un des acteurs les plus actifs de la réponse internationale à la crise sanitaire. Face à ce défi majeur, notre pays, qui assure la présidence de l’Union européenne depuis le 1er janvier pour six mois, défend résolument une approche à la fois multilatérale et solidaire, qui seule peut nous permettre d’être à la hauteur des enjeux.

Cette approche multilatérale s’est traduite par la création de l’initiative ACT-A (Access to COVID-19 Tools Accelerator) et de la facilité COVAX (qui incarne le « pilier vaccins » d’ACT-A), afin de permettre un accès équitable et universel aux produits de santé et notamment aux vaccins. Ce multilatéralisme s’appuie sur l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dont le rôle central doit être renforcé. La France a été directement à l’origine de la création d’ACT-A et contribue à ses objectifs à hauteur de 1,06 milliard d’euros sur la période 2020-2022.

Notre réponse à la crise sanitaire est aussi résolument solidaire. La France aspire à faire du vaccin un bien public mondial. Cette solidarité est aussi un gage d’efficacité : pour mieux se protéger soi-même, chacun doit protéger les autres, car personne ne sera à l’abri tant que nous ne le serons pas tous. Notre solidarité se traduit notamment par des dons de doses de vaccins aux pays qui en ont besoin.

La France a tenu ses engagements en matière de dons de doses. Elle a été le premier pays à donner des vaccins via la facilité COVAX, dès avril 2021. Nous avons cédé plus de 75 millions de doses, dont la moitié ont été destinées à l’Afrique. D’ici à juin 2022, nous aurons fait don de 120 millions de doses de vaccins, les mêmes que ceux que nous utilisons dans notre campagne nationale. La France est ainsi le premier pays en termes d’engagements de dons et de contribution effective. L’Union européenne dans son ensemble a exporté 1,4 milliard de doses de vaccins dans 150 pays, soit plus de la moitié de sa production.

Pour l’Angola, la France a déjà réalisé trois livraisons fin 2021, pour un total de plus de 1,7 million de doses, en vue de soutenir les autorités sanitaires angolaises dans leur campagne nationale de vaccination. Ces livraisons ont été réalisées en partenariat avec la facilité COVAX et le Fonds africain pour l’acquisition des vaccins (AVAT).

Notre action est entièrement fondée sur une approche partenariale et multilatérale. Nous nous sommes engagés à donner 90% de nos vaccins via la facilité COVAX : ainsi tous les vaccins sont alloués en respectant le cadre d’allocation équitable de l’OMS. Une de nos préoccupations est de veiller à ce que les voix des pays du Sud soient pleinement incluses dans la gouvernance de cet outil multilatéral et que l’allocation des vaccins se fasse sur la base des besoins et des demandes exprimées explicitement par les pays africains.

Nous sommes tous vulnérables face au virus et à ses variants, L’Europe a beaucoup à apprendre de l’Afrique et des spécificités de sa situation épidémique. L’académie de l’OMS de Lyon, lancée en 2021 par le Président Macron et le Directeur général de l’OMS, sera à cet égard un puissant outil de formation internationale qui permettra de croiser les approches et les savoirs entre Européens et Africains.

En parallèle des dons, notre solidarité s’exprime aussi par des solutions structurelles à long terme. Pour cela, la France soutient le développement de capacités de production de produits de santé et le renforcement des systèmes de santé nationaux, notamment en Afrique. Ainsi, la France soutient financièrement un hub de transfert de technologie en Afrique du Sud qui vise à permettre la production de vaccins ARNm. La France finance également dans ce même pays l’usine multivaccins de Biovac.

Pour la France, la priorité est de faire du vaccin un bien public mondial et de faciliter un accès équitable à des produits de santé efficaces, sûrs, abordables et de qualité. Cet objectif nécessite aussi de poser la question de la propriété intellectuelle, qui n’est pas taboue. Le président de la République française a été très clair à ce sujet : en aucun cas la propriété intellectuelle ne doit bloquer les transferts de technologie pour produire partout dans le monde. Nous sommes ouverts à l’examen de dérogations limitées et temporaires, si elles se révèlent efficaces pour accélérer la production. L’Union européenne a présenté une initiative « Santé + » en juin 2021 pour avancer concrètement en ce sens à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), une initiative que nous soutenons pleinement.

Par ailleurs, la France est fortement mobilisée en faveur d’un accès large et abordable à l’innovation en matière de santé, mission principale d’Unitaid dont nous sommes le premier bailleur. Elle soutient aussi la signature de licences volontaires et de transferts de technologie via le Medicines Patent Pool (MPP), dont nous sommes le deuxième bailleur. Cela a été le cas pour la mise à disposition de traitements contre la Covid-19 tel que le Molnupiravir ou le traitement Pfizer. Grâce à l’action du MPP, plus de 100 pays à revenu faible pourront bénéficier de traitements efficaces dont les prix auront été sensiblement revus à la baisse (de 700 à 20 dollars pour le Molnupiravir).

La France, qui fait de la couverture vaccinale à l’échelle mondiale une priorité, continuera de se mobiliser afin de soutenir tous les pays frappés par la pandémie.

— Daniel Vosgien, Ambassadeur de France en Angola

La tribune est parue originellement en portugais dans l’édition du Jornal de Angola du samedi 22 janvier 2022 et est également disponible en ligne.

Dernière modification : 07/05/2022

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