Article de l’Ambassadeur - JDA 18 avril 2020 [pt]

Article paru dans Jornal de Angola, le 18 avril 2020

Nous vivons aujourd’hui une crise sans précédent qui ébranle nos économies et bouleverse notre quotidien et les certitudes qui étaient encore les nôtres voilà trois mois. Nous vivons un de ces grands évènements qui tout au long de histoire de l’humanité ont fait basculer le monde. Nous sommes tous pris d’un vertige abyssal qui nous inquiète mais au final, espérons-le, nous rendra plus forts, plus solidaires.

Nous sommes tous mobilisés pour combattre le Covid-19, et l’Afrique n’est pas épargnée. Le virus se propage partout, y compris en Angola. La France demeure aux côtés des Angolais durant cette épreuve, comme elle l’a toujours fait. C’est résolument un combat collectif et solidaire que nous devons mener pour vaincre cette pandémie. La France, à titre bilatéral, mais également en tant qu’Etat membre de l’Union Européenne est entièrement mobilisée aux côtés de l’Angola pour mener à bien cette lutte. Le partenariat franco-angolais connait un dynamisme nouveau depuis quelques années, fruit d’une volonté partagée d’établir une entente solide, marquée par le respect mutuel.

La France est actuellement le 2ème investisseur étranger en Angola et nos entreprises sont à l’origine de la création de plus de 15 000 emplois directs et indirects. Le premier employeur privé du pays est le groupe Castel, une entreprise française implantée dans plusieurs provinces. Nos entreprises contribuent directement à la croissance économique par de nouveaux investissements et par la création de valeur ajoutée. L’entreprise française Total E&P est implantée en Angola depuis plusieurs décennies et assure aujourd’hui près de 45% de la production pétrolière.

Qu’il me soit permis de me faire le porte-parole des 70 entreprises françaises, petites et grandes, implantées en Angola, pour assurer qu’elles sont déterminées à rester ici, à combattre au quotidien pour maintenir l’emploi et garantir ainsi le maintien de l’activité économique de l’Angola.

Il me semble également important de rappeler, en ces temps de crise sanitaire, que la France est un acteur majeur en santé mondiale. C’est en effet une priorité de sa politique de développement international. Outre deux entreprises françaises implantées en Angola dans ce domaine, la France est le deuxième contributeur au Fonds mondial de lutte contre les grandes pandémies que sont le SIDA, le paludisme et la tuberculose. Nous avons contribué à hauteur de $1,12Mds sur la période 2017-2019. Le président Emmanuel Macron s’est engagé, pour la période 2020-2022, à augmenter notre contribution de 15%. Ainsi, grâce à cet engagement et à la recherche mise en œuvre par l’Institut Pasteur notamment, de nombreuses vies seront sauvées et beaucoup de malades recevront des soins appropriés, notamment en Angola où ces maladies font encore des ravages. Ce même Institut a par ailleurs pleinement mobilisé toutes ses expertises et ses ressources pour lutter contre le Covid-19, et ce dès l’annonce par l’OMS de la découverte de ce virus le 30 décembre 2019.

Par ailleurs, la France met en œuvre, à travers l’action de l’Agence Française de Développement (AFD), seul bailleur bilatéral européen en Angola, de vastes programmes de plusieurs centaines de millions d’euros visant à favoriser l’accès à l’eau, ou développer le secteur agricole, crucial pour diversifier l’économie du pays. L’AFD souhaite également dès cette année engager un vaste programme de soutien à la formation professionnelle dans le secteur agricole, ainsi que des projets visant à améliorer l’accès à une énergie fiable et durable, et un appui aux réformes structurelles engagées par le gouvernement. Par ses actions, en coordination étroite avec celles des bailleurs multilatéraux, elle est pleinement engagée aux côtés des autorités angolaises pour contribuer aux efforts en faveur d’un développement plus durable et une mutation profonde de l’économie, pour mieux répondre aux besoins de la population angolaise.

La France mène également une politique éducative très active, en accord avec la volonté du président Emmanuel Macron de soutenir la jeunesse africaine. Quatre écoles publiques bilingues angolaises du réseau « Eiffel » de Caxito, Malanje, Ondjiva et N’Dalatando, ont obtenu en 2018 et 2019 le label « FranceEducation » qui atteste de la qualité de l’enseignement bilingue français-portugais qui y est dispensé. Il s’agit des premières écoles labellisées en Afrique australe et en milieu lusophone africain. Ce réseau d’excellence qui forme chaque année plusieurs centaines de lycéens angolais de tous les milieux sociaux est le fruit d’un partenariat public-privé entre l’Ambassade de France en Angola, le ministère de l’Éducation angolais, Total E&P Angola et la Mission laïque française (MLF). Par ailleurs, près de 800 étudiants angolais étudient actuellement dans des universités françaises. Il convient aussi de rappeler que plus de la moitié des élèves du lycée français de Luanda sont angolais, soit près de 600 élèves.

Vous l’aurez compris, la France est présente et totalement mobilisée en Angola dans des secteurs d’avenir qui visent principalement à permettre à la jeunesse d’aujourd’hui de construire l’Angola de demain. Nos actions, nos engagements, se veulent structurels, s’inscrivent dans le long terme et sont dénués d’opportunisme et de sensationnalisme médiatique sans lendemain.

Beaucoup reste encore à accomplir et la crise actuelle nous rappelle à cette réalité. Nous ne viendrons pas à bout du Covid-19 sans un effort commun et solidaire. Le président de la république Emmanuel Macron a exprimé le souhait qu’une fois surmontée cette crise sanitaire mondiale, la communauté internationale et les peuples du monde revoient et repensent le « vivre ensemble ». La France demeurera aux côtés de l’Afrique et prendra toute sa part à cette réflexion qui doit être commune. Elle demeurera aux côtés du peuple Angolais. Elle restera pleinement mobilisée aussi longtemps qu’il le faudra pour soutenir le pays et sa population face à cette crise.

C’est dans les périodes difficiles que l’on compte ses vrais amis. Cette épreuve, nous la surmonterons ensemble. Elle permettra, j’en suis convaincu, à la France mais également à l’ensemble des Etats membres de l’Union Européenne, de montrer à l’Afrique, et à l’Angola en particulier, combien les valeurs de solidarité, de liberté et de démocratie unissent le destin des deux continents voisins.

Dernière modification : 21/04/2020

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